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Pourquoi vos formations ne changent rien — et ce qui change vraiment

  • infotrustia
  • 21 mai
  • 4 min de lecture

Par Enrico Abitelli — Fondateur & CEO, Trustia Partners



Chaque année, les entreprises luxembourgeoises investissent des milliers d'euros en formations. Des modules sur la communication, le leadership, la gestion du stress, la délégation, le feedback. Des formateurs compétents, des salles bien équipées, des supports soignés.

Et six semaines plus tard — rien n'a changé.

Les managers délèguent toujours aussi peu. Les conflits reviennent. Le stress est toujours là. Les collaborateurs ont assisté, pris des notes, rempli les formulaires d'évaluation — et sont rentrés chez eux exactement comme ils étaient arrivés.


Ce n'est pas un problème de qualité des formations. C'est un problème de nature — les formations s'attaquent aux symptômes, pas aux causes.


Le mythe de la compétence manquante

Derrière chaque programme de formation se cache une hypothèse implicite : si le manager ne délègue pas, c'est parce qu'il ne sait pas comment. Si le collaborateur communique mal, c'est parce qu'il n'a pas les bons outils. Si l'équipe est en conflit, c'est parce qu'elle manque de méthodes.

Cette hypothèse est fausse — ou du moins, incomplète.

Dans la grande majorité des cas, le manager sait très bien ce qu'il faudrait faire. Il a lu les livres, suivi les formations, connaît les modèles. Mais quelque chose l'en empêche. Quelque chose de plus profond que la technique — une peur, une croyance, une émotion non reconnue qui pilote ses comportements à son insu.


Former quelqu'un à déléguer sans s'attaquer à sa peur de perdre le contrôle, c'est lui apprendre à nager sur papier. Les techniques sont là. Mais l'eau fait toujours peur.


Ce que les formations ne touchent pas

Une formation agit sur le savoir et le savoir-faire. Elle transmet des connaissances, des modèles, des outils. C'est utile — mais c'est insuffisant.

Ce qu'elle ne touche pas, c'est le savoir-être. C'est-à-dire la façon dont une personne vit ses émotions, gère ses peurs, réagit sous pression, se perçoit elle-même et perçoit les autres. C'est à ce niveau que se jouent les vrais comportements — pas dans les salles de formation.

Prenons un exemple concret. Un collaborateur participe à une formation sur la gestion du stress. Il apprend des techniques de respiration, de pleine conscience, de recentrage. Excellentes techniques. Mais si personne ne l'aide à comprendre pourquoi il est stressé — quelles peurs le gouvernent, quelles croyances amplifient sa réaction — les techniques resteront dans le cahier.


Le stress n'est pas un problème de méthode. C'est un problème de rapport à soi-même.


La présence physique n'est pas l'engagement

Il y a un autre problème que les DRH connaissent bien mais qu'on évoque rarement ouvertement : les collaborateurs assistent aux formations sans y croire.

Ils sont là — physiquement présents, stylo en main, formulaire rempli. Mais mentalement, ils ont déjà anticipé que ça ne changera rien. Parce qu'ils ont déjà vécu ce cycle : formation, enthousiasme de courte durée, retour à la normale.

Ce n'est pas de la mauvaise volonté. C'est de l'expérience. Ils savent, souvent inconsciemment, que la formation ne s'attaque pas à ce qui pose vraiment problème.

La vraie transformation commence quand les gens y vont parce qu'ils veulent y aller — parce que ce qui leur est proposé parle à leur réalité, à leurs difficultés concrètes, à leur vie telle qu'elle est vraiment. Pas à leur fiche de poste.


Ce qui change vraiment

Ce qui produit une transformation durable, c'est un travail qui va chercher la personne là où elle est réellement. Pas dans son rôle professionnel — dans son humanité.

Cela implique trois conditions que les formations classiques remplissent rarement :

  • Un espace de sécurité réelle — La transformation émotionnelle ne se produit pas devant des collègues ou des supérieurs hiérarchiques. Elle demande de la confidentialité, de la confiance, un cadre où l'on peut se montrer vulnérable sans risque. C'est pourquoi le travail individuel reste irremplaçable pour les blocages profonds.

  • Un ancrage dans la réalité personnelle — Les outils proposés doivent résonner avec la vie concrète de la personne — pas seulement avec son poste. Ce qu'elle apprend doit lui être utile le soir chez elle, dans ses relations, dans sa façon de traverser les moments difficiles. Quand c'est le cas, elle s'y investit vraiment.

  • Un suivi dans la durée — Une séance ne change pas une vie. Une formation d'une journée ne change pas un comportement ancré depuis des années. La transformation réelle demande du temps, de la régularité, et un accompagnement qui ajuste ce qui doit l'être en chemin.


Ce n'est pas une critique des formations — c'est une invitation à les compléter par quelque chose de plus profond. Les deux ne s'excluent pas. Mais confondre l'un avec l'autre coûte cher — en argent, en temps, et en occasions manquées de vraiment changer les choses.


La vraie question à se poser

Avant de planifier votre prochain programme de formation, posez-vous cette question : est-ce que je cherche à transmettre des connaissances, ou à transformer des comportements ?

Si c'est la première, la formation classique est le bon outil. Si c'est la seconde, il faut aller plus loin — s'intéresser à ce qui se passe vraiment chez vos collaborateurs, à ce qui les bloque, à ce qui les motive profondément.

La transformation durable commence là où la formation s'arrête.

 

À PROPOS DE TRUSTIA PARTNERS

Trustia Partners accompagne les organisations luxembourgeoises dans la transformation durable de leurs équipes et de leurs managers. Nous ne proposons pas de catalogue — nous construisons avec vous ce dont vous avez vraiment besoin.

 
 
 

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